Un seul mot à dire, qui va résumer notre ressenti de la ville : YOUHOUUUUUUU !
San Cristobal, on a aimé ! Que dis-je, on a a-do-ré !
Déjà, il faut dire que la ville est située dans les montagnes -2410 m d'altitude !-... Mine de rien, ça joue en sa faveur !
En effet, qui dit hauteurs dit moins de chaleur... Vous me suivez ? Eh oui, on a dit adieu la transpi et les nuées de moustiques, et on a même ressorti en jubilant pantalons et
pulls (et ponchos... mais ça, c'était moins cool !)
Un autre point positif, c'est que c'est très joli et plein de charme, et ça a un petit côté baba cool avec la profusion d'échoppes et de restos bios et végétariens ainsi qu'un artisanat assez
omniprésent.
On y trouve également une forte communauté indienne et pas mal de Blancs qui semblent avoir immigré.
On a dormi dans une auberge sympa, Los dos camellos, où le personnel était agréable, de bon conseil, et français pour une partie.
Notre première journée (tronquée par la fin du trajet en bus) n'a pas été très intéressante, entre la recherche de l'auberge, notre premier repas, et une grosse sieste réparatrice qui a duré plus
longtemps que prévu... Mais nous avons néanmoins eu le temps de nous promener un peu, d'acheter pas mal de pâtisseries, et d'aller voir l'église Santo Domingo où les décorations chrétiennes
étaient métissées de références à la culture indienne (et où on s'est fait racketter par un monsieur qui nous a attendries avec la carte des enfants Mayas).
On a également visité le musée de l'ambre, petit et sans grand intérêt, mais qui présentait malgré tout un certain nombre de pièces... originales (j'ai une petite pensée émue pour le tricératops
en ambre, le genre d'objet décoratif idéal pour vos cheminées ou l'ornement parfait pour les napperons...)
Plus utile, le musée donnait également quelques tuyaux pour apprendre à différencier l'ambre du verre teinté (eh oui, attention aux arnaques !) et diffusait des vidéos de sculpteurs d'ambre.
Avouez qu'avec toutes ces couleurs, ça donne méchamment envie de tout goûter !
On a vite déchanté, puisque dans l'ensemble, les gâteaux sont des "étouffe-chrétiens" pas très savoureux mais sacrément secs et compacts !
On a quand même apprécié des espèces de petites cornes en pâte, fourrées à la meringue crue !
L'église Santo Domingo
Une autre église
(oui, j'ai oublié son nom ! Mais elle est tout près de la gare routière !)
Un Jésus en ambre !!
Cela dit, au-delà du côté ultra kitsch (à mon goût), il y a quand même un sacré travail de précision !
Le deuxième jour, on s'est levées tôt pour aller jeter un oeil au marché où on n'a pas vu un touriste et où on a admiré la présentation des fruits et légumes en petites pyramides (comme quoi,
c'est culturel !). C'était très coloré et animé.
On a enchaîné en se rendant ensuite dans un restaurant où on avait réservé la veille une promenade en cheval pour se rendre à San Juan de Chamula, un village voisin. On était avec quatre
Anglaises très souriantes, ce qui nous portait donc à six touristes, soit un petit groupe aux proportions très raisonnables.
Dans la théorie, il devait s'agir d'une balade sympa. Dans la pratique, c'était un peu différent...
Déjà, on a dû payer le transport pour se rendre jusqu'aux chevaux. Là, je ronchonne pour la symbolique, parce que ça ne coûtait pas grand chose, mais nous avons estimé que le prix de la promenade
devait permettre de couvrir nos frais de transport.
Enfin passons, le plus "grave" est à venir. Dès notre arrivée, les guides nous ont à peine saluées et ont donné un grand coup de pied à un des chevaux qui s'était accroché à une branche et se
faisait donc peur tout seul... On a toutes échangé des regards horrifiés face au traitement de l'animal...
Deuxième choc : au lieu de passer par des chemins en forêt, nos guides nous ont fait circuler sur la route goudronnée... Ca a, curieusement, beaucoup moins de charme !
En plus, les guides étaient pour le moins taciturnes... On a été plusieurs à essayer d'engager la conversation avec eux, et ils se contentaient de répondre par monosyllabes. En ce qui me
concernait, le monsieur à qui je m'adressais faisait systématiquement claquer sa langue pour faire trotter ma jument dès que je lui posais une question... J'ai beaucoup apprécié !
Evidemment, au lieu des 4h promises, on n'a eu que 2h30, mais les guides ont tout de même réclamé un pourboire à la fin de la promenade ! Les Anglaises ont dit non et ils n'ont pas jugé
nécessaire d'insister !
Enfin je raconte ça, mais il y a des balades organisées un peu partout dans la ville, on n'a manifestement pas choisi le bon endroit ! Davy nous a en effet confirmé qu'il en avait fait une et que
c'était très chouette... Coup de malchance quoi !
San Juan de Chamula, c'est vraiment exceptionnel ! Ca restera sans conteste un de mes souvenirs les plus marquants du voyage. Il s'agit d'un village très simple, envahi par les stands d'artisanat
(il y a de plus en plus de touristes). L'attraction principale, c'est l'église, que les Indiens se sont réappropriée en la modifiant selon leurs rites. On ne peut pas y prendre de photos, parce
que les Indiens pensent qu'ils perdent une partie de leur âme lorsqu'on les photographie, et qu'ils doivent ensuite se purifier.
L'intérieur de l'église a été vidé de ses bancs et le sol jonché d'épines de pin fraîches, sur lesquelles les gens s'asseyent. Partout, des centaines de bougies sont allumées, et les gens
psalmodient et chantent de tous côtés. On a même vu un petit groupe de musiciens qui jouaient en boucle la même musique lancinante.
A l'entrée, un homme purifiait les Indiens en les frappant avec de petites branches. Autour de nous, partout, des femmes frottaient des oeufs ou des poules vivantes sur d'autres personnes avant
de tordre le coup à ces dernières (on essayait de se convaincre qu'elles s'en tireraient, ça nous a donc un peu traumatisées de les voir mourir...).
Les gens avaient également des canettes de coca, qu'ils buvaient, pour se faire roter et expulser les mauvais esprits. Traditionnellement, ils boivent un alcool très fort (le "posh" -je ne sais
pas l'orthographier) mais ses effets étant moins rapides que les boissons pétillantes, ces dernières prennent le pas sur l'alcool.
Les idoles chrétiennes ont été transformées et réadaptées pour correspondre au culte indien. Autour des statues de saints par exemple, des miroirs -reflets de l'âme- ont été disposés, selon les
croyances indiennes.
L'ambiance était très particulière, c'était une visite vraiment intéressante.
On a ensuite fait un tour au marché et constaté que l'affluence des touristes entretenait la mendicité, en voyant une mère pousser sa fille qui marchait à peine en lui soufflant "un peso ! Un
peso !"...
Je sais que c'est de la survie mais ça fait toujours un peu bizarre...
San Cristobal le matin
L'église de San Juan de Chamula
Sandy sur son cheval
En route pour rentrer à San Cristobal, j'ai bavardé dans notre combi avec deux jeunes Mexicaines, qui étaient surprises de savoir que je n'avais toujours pas d'enfants (et moi j'étais surprise de
voir qu'elles en avaient à leur âge !).
On s'est encore promenées dans la ville et on a fait la visite d'une papeterie artisanale Maya où les carnets, livres, cartes et autres étaient fabriqués à base de papier recyclé. La jeune fille
qui nous a accueillies nous a donné des tonnes d'informations sur l'ensemble de la chaîne de production et nous a montré les produits finis. C'était vraiment intéressant, et les femmes que nous y
avons rencontrées semblaient ravies de nous voir manifester notre admiration. C'est vraiment un magasin qui vaut le détour !
Vue du haut de la colline San Guadalupe, d'où on ne voyait pas si bien que ça, mais où la vierge dans l'église est entourée de néons !
Pour finir notre journée, on a visité le musée Na Bolom, créé pour soutenir la tribu des Indiens Lacandons par un archéologue et sa femme ethnologue. C'était intéressant, on y voyait notamment
des objets de la vie quotidienne tout en découvrant des mythes fondateurs, tels celui du toucan. Il aurait ainsi été créé par dieu qui lui aurait indiqué un arbre dont il pouvait manger le fruit
s'il avait faim. Le toucan se serait trompé et aurait mangé un homme. Désolé de s'être trompé, il en aurait parlé à dieu, qui lui aurait à nouveau indiqué le fruit après avoir ressuscité l'homme.
L'oiseau (un peu idiot) aurait à nouveau fait une erreur et se serait cette fois-ci attaqué au tronc de l'arbre. Le dieu, las de ses maladresses, lui aurait donc laissé son bec tordu et rouge du
sang de l'homme pour le punir.
Jolie histoire, non ?
Pour notre dernier jour, nous avions décidé de nous rendre à Chiapas de Corzo, un canyon. Matinales, nous sommes allées à l'arrêt des combis où nous avons rapidement trouvé celui qu'il nous
fallait. Le trajet était assez spectaculaire, puisque notre chauffeur slalomait et roulait en double file sur des routes de montagne ! Impressionnant !
Nous sommes allées à l'embarcadère de Cahuaré et avons constaté que les prix avaient quelque peu flambé par rapport à ceux indiqués par le Routard.
Inutile d'y aller trop tôt comme nous l'avons fait, puisque les lanchas ne partent que lorsqu'elles sont remplies. Avant 10h, il n'y a pas un chat ! Cela dit, je pense qu'il doit y avoir
du monde l'après-midi...
Notre balade était vraiment magnifique ! Ca vaut le coup je pense ! On a vu de nombreux pélicans et cormorans et même un crocodile* sur une berge.
On a eu pas mal d'explications du guide sur ce que l'on voyait, et c'était véritablement intéressant. Il faisait également bien attention à ce que l'on puisse tous prendre nos photos, détail non
négligeable !
*Je me réserve le droit de penser qu'il s'agissait d'un faux, placé là pour satisfaire les touristes ! Ce n'était pas la saison pour les voir avec le fleuve en crue,
et on a eu beau chercher, on n'en a pas vu d'autres... En plus tous les bateaux s'arrêtaient près de cette berge, alors que le crocodile était à peine visible... Enfin c'était peut-être un vrai,
mais par cynisme et par manque de foi, je reste persuadée que c'était un faux !
Crocodile en plastique ?
"L'arbre de Noël"
Une formation calcaire provoquée par le ruissellement de l'eau, le tout, recouvert d'une espèce de mousse, créant un effet "sapin".
A peine rentrées à San Cristobal, nous avons cherché un combi pour Zinacatan, un autre village indien très proche. Dès notre arrivée, des petites filles nous ont accostées et nous ont proposé de
les suivre pour voir l'artisanat local. On les a suivies avec grand plaisir et on a admiré le travail des femmes, très coloré et plein de détails. Les dames nous ont même offert du "posh" allégé
en alcool qu'on n'a pas trop osé refuser !
Sur la place de l'église, nous avons vu les gens en habits traditionnels, dans les tons violacés et roses (pour les hommes).
Le Lonely Planet parlait d'un musée local, et nous avions décidé de nous y rendre... notre surprise a été de taille en constatant qu'il s'agissait d'une petite cabane en terre dont la
clé était détenue par deux jeunes garçons, qui se sont fait un plaisir de nous ouvrir et de commenter les quelques objets disposés à l'intérieur.
Ils nous ont ensuite emmenées voir leur mère tisser, ce qui nous a impressionnées. L'attirail est assez encombrant et la position à maintenir n'a pas l'air très confortable...*euphémiiisme*
Finalement, alors que nous voulions faire un tour du village, d'autres enfants sont venus nous accoster pour nous emmener chez eux. Sandy n'était pas très à l'aise et nous avons décidé de
rentrer.
Les deux petites qui nous ont accueillies.
Elles portent un costume traditionnel.
Pour l'info, celle de gauche a l'air de faire la tête, mais c'est elle qui a réclamé que je les photographie !
Une femme et son métier à tisser.
Il s'attache à la ceinture et l'autre partie se suspend au plafond.
Avant de quitter San Cristobal, nous avons visité la cathédrale (kiiitsch) et escaladé la colline du Cerro, très haute mais à la vue moyenne. Finalement, on a mangé des tacos et une
paleta (une glace façon esquimau) sur le zocalo, avant d'aller prendre le bus peu avant 20h.
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